Quel avenir numérique ? [partie 2 : la vidéo]

Les grandes compagnies internationales encore dans la tourmente du piratage de la musique en ligne (seule cause selon eux de la baisse des ventes de CDs) voient débarquer une nouvelle menace. En effet les pirates s’attaquent depuis quelques années (progression en rapport avec l’augmentation des débits)  au piratage des films et autres contenus vidéos.

Seulement l’industrie du cinéma ne se trouve pas dans la même position que celle du disque. En effet même si le piratage est un fait avéré il n’opère pas au même moment car un film a plusieurs vies lors de son exploitation :

  • la sortie en salle
  • la sortie sur le canal de la location de DVD/Blu-Ray
  • la vente de DVD/Blu-ray
  • la VOD qui se développe rapidement en France
  • et enfin la diffusion télé.

L’exploitation d’une oeuvre sur différents supports est déjà un fait pour l’industrie du cinéma et à chaque support correspond un public cible et un besoin. Le cinéma se porte bien, les salles se remplissent et de nombreux films cartonnent tandis que la relève se prépare avec la projection de films en 3D. Le piratage vient par contre heurter de plein fouet la diffusion de films et surtout de séries sur le support physique qu’est le DVD. C’est surtout lui qui souffre le plus alors pour contrer cela on propose un nouveau support : le Blu-Ray (seulement pour s’équiper il faut maîtriser un certains nombre de principe : HDMI, profil 2.0, 7.1 etc… – autant dire que le consommateur est perdu). Bref les choses ne sont pas simples et pour l’utilisateur final tout se complique et ce qui était un plaisir (regarder un film) devient un casse tête chinois (le nombre de personnes repartant avec un Blu-Ray pensant prendre un DVD ou ayant un lecteur Blu-Ray mais dont le disque se bloque car le logiciel de la platine n’est pas à jour…).

Cette complexité va conduire une certaines partie de la population vers le téléchargement illégal à moins de proposer une offre alternative.

Cette offre semble venir de plusieurs voies en même temps :

  • Tout d’abord certains sociétés (comme Disney) diffusent avec le Blu-Ray un DVD contenant le film en définition standard. C’est une idée très intéressante car on se rapproche de plus en plus de l’idée que l’on achète la possibilité de regarder une oeuvre et non le support
  • Allant encore dans le sens d’une dématérialisation d’autres compagnies (Warner Bros. par exemple) proposent de télécharger la version numérique du film. Mais ce qui aurait pu être une très bonne idée ressemble plus à un parcours du combattant : inscription sur chaque site de chaque compagnie (alors que le consommateur est frileux quant à la diffusion de ses données personnelles), téléchargement puis vérification des DRM (les fameux verrous numériques) et enfin lecture mais uniquement sur le poste qui a téléchargé le film… On retombe dans le travers de la musique en ligne avec une offre complexe et trop restrictive : qui a envie de devoir être connecté en permanence pour regarder un film ? Impossible de le transférer sur un baladeur numérique, de le graver sur un support physique etc…
  • Pour terminer l’initiative qui à mon sens à le plus de raison de s’imposer est la diffusion d’oeuvres via la VOD, notamment en passant par les offres des fournisseurs d’accès à Internet. En effet la facilité technique de ce mode de diffusion n’est plus à démontrer : on navigue dans un catalogue virtuel / on choisit un film et on valide son achat / le prélèvement a lieu sur la facture du fournisseur d’accès à Internet. Quant en plus les services de VOD proposent d’innover en diffusant les épisodes de séries à succès on comprend l’engouement pour ce service.

Cependant ce mode de diffusion ne satisfait qu’une consommation éphémère d’une oeuvre et le tarif prohibitif des films ou des épisodes de séries constitue un sérieux frein au développement de la VOD.

S’il est encore trop tôt pour savoir si le support physique des films vit ses dernières heures on peut espérer que la réactivité et l’inventivité du secteur permette de limiter les répercussions du piratage car au final si une solution technique fiable, simple d’accès et permettant de conserver les oeuvres achetées voit le jour il est certain qu’une grande partie de la population laissera tomber le piratage…

Quel avenir numérique ? [partie 1 : la musique]
Une étude (mars 2010) tend à montrer les effets négatifs que pourrait avoir Hadopi

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