Le SNE et les idées reçues sur le livre numérique

Il est intéressant de se rappeler de l’intervention du Syndicat National de l’Edition ayant eu lieu en mars 2009 et énonçant 6 idées reçues concernant le livre numérique.

Texte diffusé au Salon du livre, à l’occasion des Assisses professionnelles du livre, organisées par le SNE, le 17 mars 2009.

  1. « Un livre numérique doit coûter moins cher qu’un livre papier »
    L’argumentaire du SNE est intéressant dans ce qu’il rappelle que la fabrication d’un livre numérique ne se fait pas tout seul. Cependant dans l’imaginaire collectif l’immatériel est moins cher que le matériel (la prestation de service est la plupart du temps négociée tandis que la vente de biens l’est très peu…) et camper sur un prix identique n’est pas à mon sens la meilleure solution.
  2. « Le livre numérique va remplacer le livre papier »
    Effectivement l’arrivée d’un nouveau média ne fait pas disparaître l’ancien. Cependant à mon sens le livre numérique de par son format, sa facilité d’utilisation et ses possibilités d’évolution le place en très bonne position pour remplacer certains types d’ouvrages : manuel scolaire, notices d’utilisations, manuels techniques etc…
  3. « En devenant numérique, le livre va fatalement être piraté, comme le disque et la vidéo ». Le livre l’est déjà (manga et bandes dessinées en tête) et si effectivement il est plus difficile de numériser un livre qu’un album de musique il faut que le monde de l’édition ne reproduise pas l’erreur des Majors de la musique à vouloir protéger tout à outrance. On a vu les dérives que les DRM pouvaient entraîner : la suppression à distance d’ouvrages légalement achetés par les utilisateurs du Kindle aux états-unis (en savoir sur le site Livre Hebdo.
  4. « Les éditeurs ne font rien pour se préparer au numérique, ils sont sur la défensive ». Le SNE argumente que les éditeurs bougent. Le seul problème c’est qu’ils le font tous chacun dans leur coin et qu’au final aucune offre unitaire n’est présente. Ainsi l’offre de Relay est séduisante et a déjà son concurrent (Le kiosque.fr répond à relay.fr) mais cette dernière impose l’installation d’un logiciel propriétaire et une contrainte d’utilisation énorme : vissée à son siège devant son écran, ce qui est le paradoxe pour une offre de magazine (ce dernier dans sa version papier étant surtout lu en déplacement) numérique.
  5. « On pourra se passer d’éditeur à l’ère du numérique ». Le travail d’éditeur existera toujours comme il a existé durant tous les bouleversements que la diffusion de l’écrit à subit. Reste à savoir si les éditeurs sauront prendre le train numérique. Pour moi il apparaît encore beaucoup de réserves, de réticences et surtout d’incompréhension face à ce qu’il se passe.
  6. « On pourra se passer de libraire à l’ère du numérique ». C’est la grande question… Le rôle du libraire a été complétement bouleversé ces dernières années et face à la concurrence les petits libraires ne vont disposer que d’une arme : le service à travers un conseil et une offre personnalisée humaine.

A lire l’excellent dossier d’Ecrans : De l’encre à l’écran

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